Le Vieux Moulin

     Témoin d'une économie de subsistance où l'on 
devait produire tout ce dont on avait besoin, le moulin de Rousset semble avoir commencé à fonctionner vers 1836 et cessa définitivement son activité en 1947. Il produisait de l'huile de noix et d'amandes. Si vous cherchez de belles ailes comme en Hollande, ou une magnifique roue à aubes tournant au fil d'une rivière, vous serez déçus. Il faut le chercher dans un bâtiment sans cachet particulier, mais une fois entré dans la salle, laissez le charme agir.

Admirez d'abord la magnifique meule de marbre rose de Guillestre (celui-là même qui servit à Vauban à Mont-Dauphin) qui écrasait dans une vasque de ciment bordée de bois les cerneaux de noix. Le mécanisme est sous vos pieds : c'est une roue à godets horizontale (très répandue dans le midi) fixée à même l'axe de la meule, évitant ainsi des engrenages compliqués et fragiles. Les eaux détournées du torrent voisin fournissaient l'énergie. L'axe de la meule traversait le plafond et permettait, en cas de sécheresse ou de gel d'utiliser la force d'un mulet qui tournait en rond au premier étage.

 

 

  La pâte obtenue était alors chauffée pour faciliter l'extraction de l'huile. Le chaudron a disparu, mais le noir de la voûte atteste de l'âcreté des fumées. Puis on procédait au pressage dans une presse à vis actionnée par une barre horizontale, elle-même reliée par une corde à un tambour vertical sur lequel s'enroulait cette dernière. L'huile recueillie était alors stockée dans une jarre taillée dans un seul bloc de pierre.